La tour de Bolligen, projection d'une âme humaine par Didier Lafargue

Matières à penser n°30 : DE LA CABANE A LA CAVERNE
Les contributeurs de ce trentième numéro ont recherché cette « tendance » moderne de se réfugier dans des plus petits espaces, un retour à la nature, qui pourrait rappeler nos « fameuses cavernes préhistoriques : style d’un temps incertain, où le monde, le travail devient « nomade », par necessité ou pa peur ? 

Didier Lafargue : Né en 1962 à Bordeaux, Didier Lafargue a une formation d’historien, diplômé en documentation et en
communication, est libraire au Bouscat dans la région bordelaise. Il est aussi titulaire d’un Master en Histoire
contemporaine. Passionné par l’oeuvre de Jung, travaillant sur le thème de l’imaginaire et de la spiritualité, il a
écrit de nombreux articles dans les revues Jules Verne, Atlantis, Acropolis, L’Initiation traditionnelle, ou encore
pour Temporel et Choisir. A partir de l’oeuvre de Jung, ses thèmes de prédilection l’orientent vers la connaissance
de l’âme humaine donnée par une réflexion sur les mythes. L’univers du merveilleux exprimé par l’intermédiaire
des contes et des légendes du monde entier a sollicité son intérêt. vient de faire paraître Le secret de
la personne humaine dans l’oeuvre de Carl Gustav Jung, Âme et Spiritualité, tome 2, Éditions du Désir.

Début de l'article

Contrairement à bien des intellectuels de notre temps, Jung s’est efforcé de nous apprendre à vivre. Non abstraite, sa pensée s’enracine dans la réalité et dans l’activité. Élo-quente est sur ce point sa différence avec Freud. Critique envers la religion, ce dernier passait pour avoir les pieds enfoncés dans la terre et le crédit qu’il donnait à l’origine sexuelle des névroses suscitait la réprobation du psychologue zurichois. Celui-ci était frappé de voir que toute forme de spiritualité, mouvement artistique ou théorie philosophique étaient considérés par Freud comme un travestissement de la sexualité. Il lui fit valoir que s’il avait raison, toute la civilisation n’était qu’une énorme farce ! A l’inverse du fondateur de la psychanalyse, Jung encourait le danger d’être prisonnier de ses rêves, éventuellement de perdre la raison à l’instar de Nietzsche. Il a même estimé un temps que l’exis- tence des hommes n’était qu’un mauvais rêve ! Le poids de la réalité, son attachement à sa famille, l’a empêché de connaître ce destin. Il a eu conscience de tomber dans l’irréalisme total et est revenu sur terre grâce à l’amour des siens. Cet ancrage dans la vie affective sera complété par une confrontation physique avec le monde de la ma- tière. Ainsi donnera-t-il une solide assise à ses rêves et aspirations en les projetant dans une tour construite de ses mains. …

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